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Le Minimum Vieillesse

Le Minimum Vieillesse

L'ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Agées), plus connue sous le nom de "Minimum Vieillesse" est un complément de revenu versé aux personnes âgées dont les ressources sont limitées.


L'aide aux plus démunis

Publié par Florent Thomas-Penette sur 10 Avril 2017, 09:50am

Catégories : #minimum, #retraite, #social, #solidarité, #vieillesse

Le non-recours à l'aide

Une enquête de 2012 effectuée par la DREES indique que 15% des allocataires de l'Aspa ont appris qu'ils y avaient droit après que les conditions soient réunies pour qu'ils en bénéficient. Puisqu'il faut demander ces aides de l'Etat, on peut se demander combien de personnes qui y ont droit ne la demande pas, et pourquoi. Bien qu'il soit impossible de donner un chiffre précis, car les conditions de versement sont complexes, entre 20 et 30% des personnes concernées ne font pas de démarches pour obtenir des aides sociales. Les économies générées s'estiment à plusieurs milliards d'euros, et vont donc bien au-delà du coût de la fraude. Souvent, il s'agit tout simplement d'un manque d'information, d'une négligence à un manque de patience pour les tâches administratives. Il faut noter que la plupart des formulaires sont complexes et demandent au minimum de savoir lire et écrire le français, ce qui n'est pas le cas de tout le monde. D'autant que la condition d'âge de l'Aspa (65 ans sauf en cas d'inaptitude) est souvent incompatible avec l'âge réel de départ en retraite (en moyenne 62 ans). Dès lors, les personnes concernées pensent à tort qu'elles ne sont pas éligibles au dispositif trois ou quatre ans après être parties à la retraite.

De même, tout changement de situation (décès du conjoint par exemple) peut rendre une personne éligible au dispositif sans le savoir. Un simple croisement d'informations entre les organismes permettrait de découvrir ceux qui n'a pas fait de démarches. Mais les informations indispensables à la détection de ces « non-recours » sont souvent partielles dans les bases de données et ces travaux n'auraient pas une grande efficacité. Il serait plus réaliste d'aller au devant des personnes concernées, en organisant des campagnes de communication. Mais il faudrait toutefois qu'une volonté politique pour proposer ce genre de service existe vraiment.

Il y a aussi une forme plus consciente de refus des aides sociales. Sachant que le montant des allocations versées au titre de l'Aspa pourra être récupéré à leur décès, celles-ci refusent tout simplement ce risque pour garantir la transmission de leur patrimoine à leurs héritiers. D’autre part, certaines personnes ne veulent pas vivre aux crochets de la société. Cela demande en effet une certaine forme de courage pour pousser la porte d'un centre social, surtout quand on ne l’a pas fait au cours de sa vie. Ce comportement est compréhensible. Pour ces personnes, ne pas faire appel à ce qu'ils considèrent être de la « charité » est une façon de garder une certaine dignité. La raison d'être des minima sociaux est pourtant de garantir une existence digne à chacun. De la même façon, le fait d'aller chercher de la nourriture auprès d'une association d'aide aux démunis ne va pas de soi.

L'augmentation du nombre d'exclus

Chaque année, les « Restos du Coeur » accueillent un million de personnes et servent 130 millions de repas. Ce qu'on appelle communément « La soupe populaire » concerne des gens qui n'ont pas d'autre choix que de demander de l'aide pour subvenir à leurs besoins. Parmi ces personnes, il y en a qui n’ont plus de toit. Le nombre de personnes précaires ou mal logées atteint les 3,8 Millions selon la Fondation Abbé-Pierre. La part de sans domicile fixe dans la société française est passée de 0,14% en 2001 à 0,23% en 2012. Il y a plus de 140 000 SDF sur l’ensemble du territoire. Malgré tous les systèmes mis en place pour l’éviter (le Samu social, les associations) certaines personnes se retrouvent complètement démunies.

Le déclassement est toujours un traumatisme. Il peut arriver à la sortie de structures (aides aux orphelins, ou hôpitaux psychiatriques), il fait parfois suite à une séparation ou à l'expulsion d'un logement. La rupture avec la société est totale pour certaines personnes, qui développent un comportement qui nous semble aberrant vu de l'extérieur. Pour ces sans-abris, le refus de l'aide est pourtant explicable. Ils renoncent parfois aux solutions de prise en charge dans des centres où la violence est quotidienne. Pour d'autres personnes, ce sont les règles d'hygiène, de vie en collectivité et la séparation nécessaire avec leur animal de compagnie qui est rédhibitoire. Enfin, la honte est insurmontable pour beaucoup de gens qui ne souhaitent pas être secourues par des personnes qu'ils connaissent, qu'elles soient de leur famille ou non. L'anxiété et la méfiance vis-à-vis des institutions se double d'une difficulté à accepter les solutions proposées, liée aux troubles mentaux existants ou acquis pendant cette vie « dans la rue ». Pour sortir d'une situation aussi extrême, il faut aider l'individu concerné à changer d'état d'esprit, ce qui demande un temps infini et une assistance adaptée. Plus la personne aura été éloignée longtemps des services de prise en charge (hébergements d'urgence, foyers,...), plus il lui sera difficile de revenir vers les structures qui peuvent l'aider. Or, les moyens ne sont pas toujours mis en œuvre pour réussir à atteindre cet objectif. Il est donc difficile, voire impossible d'empêcher que des gens se retrouvent sans abri. Environ 15 000 personnes vivent dans la rue à Paris*.

Certaines personnes s'émeuvent que des SDF français n'aient pas de logement alors que l'Etat trouve des hébergements d'urgence à des réfugiés. Il faut rétablir quelques vérités. D'abord, on l'a vu, les SDF refusent parfois l'aide qui leur est offerte, pour des raisons compréhensibles. Ensuite, ce ne sont pas les même structures qui accueillent les français et demandeurs d'asile d'un côté et les migrants de l'autre. Ces derniers sont orientés vers les C.A.O. (Centres d'accueil et d'orientation) repartis sur l'ensemble du territoire français. Les SDF quant à eux s'adressent au « 115 », ce numéro de téléphone mis en place par le Samu Social, qui est chargé, souvent avec une grande difficulté, de trouver des places dans les centres, ou dans des hôtels. Il n'y a donc pas de concurrence entre les migrants et les sans-abris pour des places dans des hébergements. Chaque personne en danger de mort est sur un pied d'égalité quand il s'agit de lui porter assistance. Et c'est bien normal.

exclusion sans domicile fixe
Une fois arrivé dans cette impasse, l'espérance de vie diminue considérablement. Selon certaines associations, elle serait de 49 ans. Toutefois, cette information est complexe à vérifier, étant donné que les études ne peuvent pas être menées sur des individus qui vivent en marge de la société. On sait cependant que les personnes âgées de plus de 60 ans sans domicile fixe sont très minoritaires, même si leur nombre augmente. A partir d'un certain âge, les conditions entraînent des maladies qui rendent la vie impossible. La plupart décèdent avant 55 ans. Pour un certain nombre de survivants, ils dépendent d'une aide pour les gestes quotidiens.
*: A voir également, un documentaire: « Au bord du Monde », de Claus Drexel qui livre un regard inédit sur des personnes qui vivent dans la rue à Paris.

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